EN TRAIN DE LIRE...

La révolution digitale dans le secteur bancaire

La révolution digitale dans le secteur bancaire

La révolution digitale dans le secteur bancaire

Le secteur bancaire s’apprête à basculer dans une nouvelle ère digitale. Le progrès technologique permet aux banques d’élargir leurs offres et de répondre aux nouvelles attentes de leur clientèle. De plus en plus, elle est à la recherche de simplicité, accessibilité, flexibilité, rapidité et optimisation des coûts bancaires.  

Comment la technologie numérique s’invite-t-elle dans ce secteur et quelles sont les innovations les plus importantes à venir ? Découvrez dans notre article les tendances les plus fortes et qui tendent à s’intensifier.   

Voici un tour d’horizon en Suisse et ailleurs des nouvelles tendances digitales en 2021 

La suisse demeure le pays leader de l’innovation 

L’industrie bancaire genevoise favorise l’innovation technologique afin de rester compétitive et s’adapter aux générations “Y” et “Z”. En effet, en 2020, la Suisse se classe aux premiers rangs des pays les plus compétitifs au monde selon le World Economic Forum et l’IMD. Elle investit dans le digital et réussit à faire face aux changements technologiques. Dans son enquête sur “la numérisation et la fintech dans les banques suisses 2019″, publiée en août 2019, la Banque nationale suisse (BNS) constate que les banques voient dans la numérisation avant tout des opportunités, en particulier pour réduire les coûts et augmenter la qualité des services. C’est pourquoi, la FINMA a pris conscience de l’importance croissante des technologies avec sa proposition de “Licence light” qui autorise l’identification des clients en ligne ou par vidéo. Les banques suisses ont ainsi su exploiter les nouvelles possibilités numériques, tout en préservant les atouts du “Swiss Banking” : compétence financière et fiabilité. 

La place financière suisse aspire à devenir un pôle international en matière de finance durable ; un pionnier dans le domaine des flux financiers et des services financiers durables. Les banques, qui sont de plus en plus nombreuses à participer aux initiatives internationales sur la transparence quant aux risques inhérents aux facteurs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), développent leurs offres de prestations en intégrant les facteurs ESG ainsi que des offres de green bonds et sustainability bonds. 

Avec la crise sanitaire, six tendances dans le secteur bancaire suisse ont été identifiées : 

  1. La numérisation des processus s’amplifie au sein des banques : signature électronique, e-ID reconnue par l’État
     
  2. Les clients qui souhaitent des services financiers numériques : suivi personnalisé et digital
     
  3. Diversification des méthodes de paiement : espèce, carte de débit, paiement mobile et sans contact, virements bancaire, porte-monnaie électronique
     
  4. Les solutions de “smart working” : des formes de travail flexibles sont encouragées
     
  5. Investissements accrus dans des infrastructures numériques de pointe et sécurisées
     
  6. Assurer la compétitive à l’aide d’une e-capacité fluide 

 

L’association suisse des Banquiers, afin de préserver la compétitivité de la place financière suisse, axe sa réflexion sur : 

  • La révision des obstacles à l’accès au marché pour les modèles d’affaires numériques
     
  • La Blockchain : elle réduit les coûts d’identification des clients. Les données de ces derniers sont plus rapidement accessibles, d’où des gains d’efficacité en matière d’authentification. Pour les clients, elle renforce les droits dont ils disposent : ils sont seuls propriétaires de leur identité numérique et munis d’un code pour accéder à leurs données et certificats personnels. La tokenisation des actifs ouvre elle aussi des perspectives : elle consiste à convertir les droits sur un actif en un « jeton » numérique ou « token » qui a comme avantage la transparence, l’efficacité et la sécurité.
     
  • L’identité électronique : consiste à mettre en place un login reconnu par l’État qui permet aux utilisatrices et aux utilisateurs de s’identifier sur Internet de manière claire, sûre et conviviale. L’e-ID est essentielle pour débureaucratiser les formalités administratives, rendre les transactions plus efficaces dans les relations d’affaires et de clientèle, et accroître la sécurité lors de l’identification sur Internet.
     
  • Prestations d’externalisation et de cloud computing : migration des systèmes informatiques bancaires vers un cloud qui permettra d’accroître la productivité, développer de nouveaux modèles et baisser les coûts.
     
  • Cybersécurité : création d’un Campus Cyberdéfense et d’un centre de compétences en matière de sécurité ; mise en place d’un dispositif de crise au sein du secteur bancaire ; sensibilisation des utilisateurs à l’aide d’une campagne destinée au grand public ; formation de spécialistes de la cybersécurité pour répondre à la demande d’experts en Suisse et coopération accrue entre les banques suisses.
     
  • Open banking : l’échange mutuel de données est un facteur de valeur ajoutée pour toutes les parties prenantes, à savoir les clients, les prestataires tiers et les banques.
     
  • Utilisation et évaluation du Big Data, applications RegTech (technologies de gestion des aspects réglementaires financiers) : ça représente un énorme potentiel de solutions innovantes pour la numérisation du domaine réglementaire. La RegTech permettrait d’améliorer la surveillance et la compliance et ce, à un coût nettement moindre.
     

UBS annonçait en 2020 sa volonté de lever des fonds pour les start-up fintech. Le but étant de promouvoir les jeunes entreprises du secteur financier et donner un nouvel élan à sa propre numérisation. Côté digitalisation de ses activités, UBS a ouvert il y a un an son laboratoire d’innovation « Digital Factory » à Zurich. Un lieu où entreprises, développeurs et clients sont invités à travailler ensemble de manière agile. C’est un moyen pour la banque de développer plus rapidement des solutions informatiques, mais aussi de se réinventer en interne. 

Pour rappel, Credit Suisse Asset Management a décidé de participer à la création d’un nouveau cadre, l’i.AM Innovation Lab, qui a pour ambition de rester à la pointe du secteur et de concevoir des outils pour accompagner et modeler les changements. Le conseil en gestion d’actifs assisté par une IA est déjà une réalité et offre un premier aperçu du monde de la gestion d’actifs à de nombreux investisseurs. Les avancées technologiques font progresser ce conseil, qui devient plus personnalisé. 

 

  • Le virement instantané pour payer en ligne : 

Le virement instantané est un nouveau moyen de paiement gratuit qui permet d’envoyer de l’argent vers un autre compte en moins de 10 secondes, à toute heure et tous les jours de l’année. Cette méthode s’impose comme une nouvelle alternative pour le paiement sur internet. Floa, le leader de solutions de paiement sur web et mobile a déjà commencé à déployer son offre de virement basée surl’Open Banking. Cette technologie consiste à permettre aux banques de partager leurs données avec d’autres acteurs du secteur financier, dont la Fintech. 

Cette nouvelle offre de Floa, développée en partenariat avec Bridge (une technologie développée par Bankin’) autorise le commerçant à initier, directement auprès de votre banque, un virement instantané à son propre bénéfice, en règlement de votre achat.  

En 2022, vous pourrez probablement régler vos achats dans les magasins physiques directement avec le virement instantané.  

  • La dématérialisation de l’argent de poche de vos enfants  

Boursorama Banque vient de lancer un nouveau compte bancaire pour enfants, appelé Kodar. Cette offre permet aux parents de dématérialiser l’argent de poche versé à leurs enfants. Ainsi, ils peuvent payer avec une carte sans contact, ce qui représente un atout important durant cette période de crise sanitaire. Toutefois, ces comptes ne sont accessibles que pour les enfants âgés de 12 ans et plus. 

La solution élaborée par l’entreprise Money Walkie, en partenariat avec Mastercard et Treezor est toute aussi créative : un porte-monnaie sans contact. Celui-ci a l’apparence d’un petit animal et permet aux enfants de payer des petites sommes pour acheter par exemple des bonbons, une glace, etc.  

L’intérêt de ces offres est de responsabiliser financièrement l’enfant dès son plus jeune âge. 

  • 2020, l’année du paiement sans contact 

La Covid-19 a accéléré la démocratisation du paiement sans contact et via un téléphone portable. Ces deux modes de paiement présentent l’avantage de ne pas entraîner de surcoût pour le client et également de ne risquer aucun contact avec le virus. Les consommateurs sont de plus en plus enclins à payer avec leur smartphone : « Le paiement mobile représente 20 % des paiements par carte d’Orange Bank, contre moins de 1 % pour l’ensemble du marché », indique Stéphane Vallois, le directeur général délégué d’Orange Bank. La place du digital devient alors plus conséquente dans le secteur bancaire, ce qui permet aux consommateurs de changer leur perception et habitudes. Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay ou encore Paylib ont ainsi de plus en plus d’adeptes :« Contrairement au sans-contact, le paiement par smartphone n’est pas plafonné. La seule limite est le plafond de la carte bancaire », rappelle Maxime Chipoy, le responsable de Meilleurebanque.com. Une solution séduisante, mais malheureusement pas accessible à tous car la totalité des banques ne propose pas encore de solution de paiement mobile. 

  • L’épargne automatique : 

L’épargne automatique a pour but d’aider les jeunes, ceux qui ont généralement le plus de mal à mettre un peu d’argent de côté pour financer leurs projets. 

Pour ce faire, Yeeld, une application d’épargne lancée en 2019 vous permet de mettre de l’argent de côté de façon ludique, en vous fixant un challenge annuel : vous épargnez 1 euro la 1ère semaine, 2 euros la 2ème… et ainsi de suite jusqu’à 52 euros la 52ème semaine.  

Nous pouvons aussi mentionner Plum, une technologie qui suit le même principe et ajoute quelques options telles que « Les jours pluvieux » par exemple, qui vous permettent de décider d’une somme à mettre de côté chaque fois que la météo annonce des averses. 

Cashbee est aussi une révolution dans le domaine de la fintech. Cette application analyse vos comptes pour vous recommander les sommes à épargner, mais également de les placer, au choix, sur un compte rémunéré ou un contrat d’assurance vie.  

  • Teen Banking : une tendance en plein essor  

Nous avons observé que les banques encouragent les enfants à prendre leur indépendance financière pour qu’ils apprennent à gérer eux-mêmes leur argent de poche.   

Dans les banques traditionnelles, c’est en général à partir de 12 ans que les conseillers commencent à suggérer aux parents d’associer une carte de retrait à un livret bancaire ou à un Livret Jeune réservé aux 12 à 25 ans. Ce livret permet de retirer de l’argent dans les distributeurs seulement dans la limite du solde disponible sur le compte. 

Pour les banques en ligne telles que Pixpay, kard, Xaalys, etc., les parents ont la possibilité de confier une carte de paiement à leurs enfants, ce qui peut s’avérer pratique et même pédagogique. Les banques souhaitent ainsi « développer une éducation budgétaire et financière pour les jeunes ». Pour ce faire, les banques mobiles ont développé des fonctionnalités pour apprendre à gérer un budget en ayant recours à des quiz et jeux, des tirelires pour épargner ou des cagnottes pour préparer un anniversaire par exemple. 

Pixpay propose le programme Pix&love, en partenariat avec 10 marques emblématiques pour la Génération Z telles que McDonald’s, Undiz, Back Market, etc. Cette solution permet aux enfants d’avoir un reversement de quelques euros en cas d’achat dans des enseignes partenaires. Il est également présenté comme un outil pédagogique permettant aux enfants d’anticiper un achat et de se faire plaisir.  

  • Les banques en ligne : une offre qui explose  

Hello Bank, BforBank, ING Direct ou encore Boursorama offrent toujours plus de services bancaires en ligne. La pandémie a d’ailleurs engendré une hausse considérable de nouvelles inscriptions. Le changement des habitudes de paiement représente un facteur important de la digitalisation du secteur bancaire. Les néo banques, 100% mobiles, sont également en plein essor car elles permettent de gérer la totalité des comptes directement à partir du smartphone. 

  • Le bitcoin dépasse les 30 000 dollars pour la première fois de son histoire 

Le bitcoin, première crypto monnaie décentralisée, a vu son prix atteindre les 30 000 dollars, le 2 janvier 2021. Lancée en janvier 2009, cette monnaie purement digitale, sans chef ni gouvernement pour la piloter, a explosé pendant la crise et grâce à PayPal, avec son lancement de paiement par crypto monnaie 

  • Une carte bancaire écolo baptisée Do Card 

En partenariat avec Mastercard, la startup suédoise Doconomy a lancé la première carte bancaire au monde capable de calculer le bilan carbone des achats. Cette start-up propose deux offres bancaires originales :  

La White Card 

Couplée à une application, cette carte vous permet de recevoir une notification sur votre téléphone détaillant l’empreinte carbone de vos dépenses, et de suivre son évolution en temps réel. L’application vous propose de compenser vos émissions de CO2 en investissant dans des projets environnementaux certifiés par l’ONU. 

La Black Card 

Cette carte, quant à elle, vous permet de fixer un plafond carbone à ne pas dépasser. Si le bilan carbone de vos achats est supérieur à l’objectif que vous vous êtes fixé, votre achat sera automatiquement bloqué.  

  • Data : quelles applications dans la banque ? 

L’intelligence artificielle, le machine learning, toutes ces innovations, intégrées dans différents domaines comme le secteur bancaire, sont basées sur la data. 

Pour les banques, ces données se traduisent à travers l’utilisation des cartes de paiement et des autres services bancaires qui transmettent des informations sur les utilisateurs : salaires, retraits, épargne, prélèvements, dernier voyage réalisé, coiffeur préféré, etc. Ces données représentent pour les banques une mine d’or d’informations à exploiter. 

La CommBank en Australie offre aux petites et moyennes entreprises un accès aux données collectées de leurs clients, pour mieux cibler et promouvoir leurs produits mais aussi pour détecter les comportements atypiques pour éviter les fraudes.  

Un autre atout important du Big Data est de proposer une expérience client inédite en temps réel. Citons l’exemple de Citigroup qui, via la création de son data lake (entrepôt de données), dispose d’une vision 360° du client, avec la possibilité de croiser ces données avec les recherches effectuées par le même client, pour proposer un service adapté à ses besoins et en temps réel. 

Le secteur bancaire a vu son écosystème se métamorphoser ces dernières années avec le digital. Pour rester compétitives, les banques doivent s’appuyer sur ce qui fait aujourd’hui leur force et leur atout stratégique, tout en misant sur le digital pour garantir une excellente expérience client.